J’ai accompagné Nathalie l’an dernier. Sinistre parking. 1 200 € de réparations sur son 3008. Elle pensait être tranquille avec son tous risques. Résultat : 350 € de sa poche. Elle n’avait jamais vraiment lu la ligne « franchise » de son contrat. Ce genre de situation, je la vois passer une dizaine de fois par an dans les dossiers que je traite en région nantaise.La vraie question n’est pas « faut-il une assurance sans franchise ? » mais plutôt : est-ce que ça vaut le coup pour vous, compte tenu de votre profil, de votre kilométrage et de votre budget ? Voici comment trancher.

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en assurance personnalisé. Les tarifs et conditions varient selon les assureurs et votre profil. Consultez un conseiller en assurance ou comparez plusieurs devis pour votre situation.

L’essentiel sur la franchise auto en 30 secondes

  • La franchise, c’est ce qui reste à votre charge après un sinistre : comptez 150 à 500 € en moyenne selon les contrats
  • Une formule sans franchise coûte 10 à 25 % plus cher selon les assureurs
  • Ce surcoût est rarement rentable si vous avez un bonus 50 % et roulez peu
  • Le piège classique : confondre franchise absolue et relative peut vous coûter 30 à 50 % de plus que prévu

Ce que vous payez vraiment quand vous avez une franchise

Soyons clairs dès le départ. Selon Service-Public.fr, la franchise représente la somme restant à votre charge après indemnisation par l’assureur. Ça paraît simple. Mais dans les dossiers que j’accompagne, c’est précisément là que les mauvaises surprises commencent.

Sur les contrats tous risques que je vois passer en France métropolitaine, la franchise oscille généralement entre 150 et 500 €. Pour les catastrophes naturelles, c’est fixé par la loi : 380 € en 2025. Mais pour le reste, chaque assureur fait ce qu’il veut.

Deux conducteurs échangeant après un accrochage sur un parking résidentiel (franchise assurance auto)
Un accrochage parking peut révéler brutalement le montant de votre franchise

Franchise absolue vs relative : la différence qui coûte cher

Franchise absolue : toujours déduite. Réparations de 800 € avec franchise de 300 € = vous touchez 500 €.

Franchise relative : c’est un seuil d’intervention. Si vos dommages dépassent ce seuil, vous êtes remboursé intégralement. Sinon, rien du tout.

D’après La finance pour tous, la franchise absolue reste la plus fréquente. Et si votre contrat ne précise rien ? C’est une franchise absolue par défaut.

Dans mon activité de conseil, je constate régulièrement que des assurés confondent ces deux types. Sur les dossiers que j’accompagne en France métropolitaine (environ 80 par an depuis 2022), cette confusion génère un reste à charge 30 à 50 % supérieur aux attentes, notamment sur les petits sinistres. Ce constat varie selon l’assureur et le type de contrat.

Et attention aux franchises cachées dans les conditions particulières. J’en trouve dans presque un dossier sur trois : franchise spécifique bris de glace, franchise majorée jeune conducteur, franchise vol différente de la franchise dommages. Tout ça s’additionne.

Formule sans franchise : pour qui ça vaut vraiment le coup

Franchement, je déconseille de foncer sur une formule sans franchise sans avoir fait le calcul. L’écart de prime n’est pas anodin : selon l’analyse Meilleurtaux 2025, comptez 10 à 25 % de plus selon les assureurs. Sur une prime moyenne de 480 € HT (chiffre 2024 de France Assureurs), ça représente 48 à 120 € supplémentaires par an.

La question devient alors : allez-vous avoir assez de sinistres pour rentabiliser ce surcoût ?

Pour répondre sérieusement, il faut comparer plusieurs contrats d’assurance auto, par exemple via des assureurs généralistes comme matmut.fr ou d’autres acteurs du marché, afin d’identifier les écarts réels de franchise et de surprime à garanties équivalentes.

Sans franchise : est-ce pour vous ?

  • Petit rouleur avec bonus 50 % :
    Vous faites moins de 10 000 km/an et n’avez pas eu de sinistre depuis des années. Statistiquement, vous n’amortirez jamais la surprime. Je déconseille la formule sans franchise dans ce cas.
  • Gros rouleur (+ de 25 000 km/an) :
    Le risque de sinistre augmente mécaniquement. Faites le calcul précis (section suivante). Ça peut valoir le coup si vous avez eu 2+ sinistres sur les 3 dernières années.
  • Jeune conducteur :
    Votre franchise est souvent majorée (parfois doublée). L’option sans franchise ou le rachat partiel devient plus intéressant proportionnellement.
  • Véhicule neuf ou en leasing :
    C’est souvent imposé par le contrat de financement. Vérifiez avant de signer : vous n’avez peut-être pas le choix.
Personne comparant des offres d'assurance auto sur ordinateur à domicile
Comparer les surprimes sans franchise entre assureurs peut révéler des écarts de 50 à 80 € par an

Je pense à Stéphane, un client que j’ai accompagné en 2023 lors du renouvellement de son contrat. Commercial itinérant, 38 ans, 35 000 km/an en région lyonnaise. Sinistre parking estimé à 1 800 €, franchise de 500 € sur son tous risques. Il a découvert au moment du sinistre que la franchise s’appliquait même en tort partagé. Résultat : 1 300 € remboursés au lieu des 1 800 € attendus. Au renouvellement, il est passé à une formule rachat de franchise pour 14 €/mois de plus. Ce cas m’a confirmé que les gros rouleurs ont tout intérêt à calculer leur point de rentabilité avant de choisir.

Le calcul que votre assureur ne fait jamais pour vous

La formule est simple. Personne ne vous la donne parce qu’elle ne pousse pas forcément à prendre l’option la plus chère.

10-25%

Surcoût moyen d’une formule sans franchise selon les assureurs en 2025

Voici le raisonnement. Prenez votre surprime annuelle pour l’option sans franchise (disons 100 €). Divisez-la par le montant de la franchise que vous éviteriez en cas de sinistre (disons 400 €). Résultat : 0,25. Autrement dit, il vous faudrait un sinistre tous les 4 ans pour que l’opération soit neutre. Si vous avez moins d’un sinistre tous les 4 ans (et c’est le cas de la majorité des conducteurs avec bonus 50 %), vous perdez de l’argent avec la formule sans franchise.

Mon conseil pour calculer votre point de rentabilité : (Surprime annuelle) ÷ (Franchise économisée par sinistre) = Nombre de sinistres par an nécessaires pour amortir. Si le résultat dépasse votre fréquence réelle de sinistres sur les 5 dernières années, la formule sans franchise n’est pas rentable pour vous.

Pour appliquer cette méthode correctement, commencez par demander plusieurs devis d’assurance afin de comparer les surprimes sans franchise. L’écart entre assureurs peut atteindre 50 à 80 € par an pour la même couverture.

Sur les dossiers que j’accompagne, le délai entre déclaration et indemnisation effective oscille entre 30 et 45 jours. C’est à l’étape proposition d’indemnisation (vers J+20-30) que l’assuré découvre concrètement ce que la franchise lui coûte. À ce moment-là, c’est trop tard pour changer de formule.

Vos questions sur la franchise auto

La franchise s’applique-t-elle si je ne suis pas responsable ?

Dans la plupart des contrats, la franchise n’est pas appliquée lorsque le tiers responsable est identifié. Votre assureur se retourne contre l’assurance adverse et vous êtes remboursé intégralement. Mais attention : en cas de tort partagé ou de tiers non identifié (délit de fuite), la franchise s’applique bien. Vérifiez vos conditions particulières.

Peut-on négocier la suppression de la franchise ?

Rarement en direct, sauf si vous êtes un très bon profil (bonus 50 % depuis longtemps, pas de sinistre sur 5 ans). L’alternative classique reste le rachat de franchise : une option payante qui réduit ou supprime la franchise moyennant quelques euros par mois. C’est souvent plus souple que de changer de formule.

La franchise bris de glace est-elle différente ?

Oui, dans presque tous les contrats. La franchise bris de glace est généralement plus basse (50 à 100 €) ou parfois inexistante si vous passez par un réparateur agréé. C’est un poste à vérifier séparément, car un pare-brise cassé reste l’un des sinistres les plus fréquents.

Les jeunes conducteurs ont-ils une franchise majorée ?

Très souvent, oui. La surprime jeune conducteur s’accompagne fréquemment d’une franchise doublée pendant les 2 ou 3 premières années. C’est précisément pour ce profil que l’option rachat de franchise peut devenir intéressante, car le montant évité en cas de sinistre est plus élevé.

Peut-on se faire rembourser la franchise après coup ?

Uniquement si le tiers responsable est finalement identifié et que son assurance prend en charge les dommages. Dans ce cas, votre assureur récupère la somme et vous la reverse. Mais ça peut prendre plusieurs mois, et ce n’est jamais garanti.

Et maintenant ?

Si vous ne devez retenir qu’une chose : faites le calcul avant de cocher l’option sans franchise. Pour un conducteur expérimenté avec bonus 50 % qui roule moins de 10 000 km par an, je déconseille généralement cette formule. Le calcul est rarement rentable.

Votre prochaine étape en 3 actions

  • Sortez votre dernier relevé d’information et comptez vos sinistres sur 5 ans
  • Demandez 3 devis avec et sans franchise pour comparer l’écart réel
  • Appliquez la formule : surprime ÷ franchise = sinistres/an nécessaires

Précisions sur les tarifs et garanties

  • Les montants de franchise et de prime mentionnés sont des moyennes constatées en 2024-2025 et varient selon votre profil, véhicule et zone géographique
  • Les conditions générales diffèrent d’un assureur à l’autre : vérifiez systématiquement votre contrat
  • Ce guide ne remplace pas une comparaison personnalisée de devis adaptés à votre situation

Pour un litige ou une question spécifique, vous pouvez contacter le médiateur de l’assurance sur mediation-assurance.org.

Rédigé par Karim Benali, conseiller en assurance exerçant en cabinet indépendant depuis 2017. Basé en région nantaise, il a accompagné plus de 500 particuliers dans l'optimisation de leurs contrats auto, habitation et prévoyance. Son approche privilégie le calcul coût/bénéfice réel plutôt que la vente de garanties superflues. Il intervient régulièrement auprès d'associations de consommateurs sur les droits des assurés.